Nouvelle-Zélande : Otago peninsula

Après notre découverte de Christchurch et le sentiment mitigé qu’elle nous a laissé nous reprenons notre route pour nous diriger vers le Sud et Dunedin. Bon, à vrai dire je ne suis pas sure qu’on visait vraiment la ville, c’était Benjamin qui avait fait le programme et je n’avais pas suivi ça de près. En tout cas, on allait dans ce coin là pour faire une rando. En route, on fait un détour pour découvrir les Moeraki Boulders, ces célèbres rochers ronds dont l’origine donne lieu aux plus folles suppositions. Pour profiter des lieux, mieux vaut y être à marée basse. Évidemment, on arrive au plus haut de la marée, la plupart sont donc immergés. Enfin, au moins il y avait moins de monde et pour tout dire, c’était quand même rigolo.

Moeraki boulders, New-Zealand
Les Moeraki boulders

On va ensuite jusqu’au village d’à côté où on tombe instantanément amoureux du resto avec sa vue imprenable sur la mer. On était prêts à rester là pour la soirée devant un bon plat de poisson mais je n’avais plus le moindre dollar sur mon compte, on a donc dû se contenter d’un verre en terrasse (louons ma présence d’esprit d’avoir vérifié AVANT d’avoir commandé la moitié de la carte…). On reprend la route direction le freecamp le plus proche qui n’est pas franchement à côté.

Le lendemain, on commence la journée par une petite balade sur une plage proche du camping. Sable blanc, roches creusées par la mer, ciel limpide et cailloux tout verts, on passe un super moment. L’après-midi on avait prévu une randonnée. Je ne m’étais occupée de rien, je suivais sans avoir la moindre idée d’où on allait. On passe une colline (enfin, à la néo-zélandaise, très escarpée quand même la colline) et au détour d’un virage, voilà qu’apparaît un paysage incroyable. Une baie paisible, une eau d’un bleu intense qui semble émerger du relief verdoyant qui l’entoure, au fond on aperçoit un gros port de commerce avec d’énormes machines et un petit port de pêche un peu plus loin. C’est beau. Je ne sais pas où on va mais je dis à Benjamin que je moi en tout cas, je veux aller là. C’est une évidence, je ne vois vraiment ce qui pourrait nous attendre de plus beau que ça.

Vue sur Otago peninsula
Coup de cœur au détour d’un virage

Ça tombe bien, c’est sur notre route, ça va vachement faciliter les négociations. On descend dans cette petite ville et son grand port aux machines immenses. Avec ses piles de grumes à l’infini. C’est fascinant. Un peu plus loin, un petit port de plaisance tout calme où on déjeune au soleil. C’est si beau et apaisant. Il y a un container sur le port, quelques places de parking, des chaises colorées et quelques tables devant. Je veux ouvrir un café là et servir des muffins aux dockers. Ça me frappe comme une évidence. Je suis amoureuse. Cette petite ville c’est Port-Chalmers, la ville aux trois ports, et elle a volé un bout de mon cœur.

Après toutes ses émotions, je suis fatiguée. On continue le long de la baie sur une route d’une beauté indécente – on découvrira plus tard que les deux routes qui longent la baie rivalisent de beauté. On arrive au bout et on voit nos premiers lions de mers et otaries à fourrure. On est comme des gamins !!! La grosse rando qu’on avait prévue me semble trop longue pour ma petite forme, on se contente donc d’aller flâner sur la plage. C’est beau, c’est sauvage, on voit des dizaines d’otaries et même au retour un pingouin. On est émerveillés, et heureux aussi, on voudrait rester là pour toujours, sur cette plage avec sa vue à couper le souffle, ses falaises, ses vents violents (même si on n’imagine pas encore à quel point !) et sa faune sauvage. On hésite à dormir près de la plage mais c’est en théorie interdit pour notre type de véhicule. On ne sait pas trop à quel point ils sont tolérants dans le coin, on joue donc la prudence et on va dormir ailleurs. Je n’attendais rien de cette journée et elle a été tellement riche en émotions ! C’a été pour moi un des moments les plus forts de notre séjour néo-zélandais. On avait prévu de passer un ou deux jours dans la région, on y restera finalement une semaine.

On a très peu visité Dunedin qui s’est pourtant avérée être une ville pleine de charme. L’une des rares où l’on trouve des bâtiments anciens, en pierre. On la compare d’ailleurs à Edimbourg. Sa gare est splendide. Elle est également connue pour son street-art mais il tombait des cordes chaque fois qu’on y est allés, on en a donc guère profité. En revanche, on a pu constater que côté bars et restos, il y a l’embarras du choix dont certaines très bonnes adresses. C’est la ville du Sud qui nous a le plus conquise avec son ambiance sympa et son centre très vivant. On n’a malheureusement pas pris le temps de visiter le musée qui avait l’air intéressant. Si on a finalement peu exploré la ville pour se concentrer sur les alentours, on s’y est pourtant sentis bien et j’aurais aimé pouvoir en profiter un peu plus. C’est avec Wellington la seule ville de Nouvelle-Zélande qui m’ait réellement séduite et où j’aurais imaginé sans problème me poser quelques temps. On a fait un détour par Baldwin street, la rue résidentielle la plus pentue du monde. C’était rigolo mais c’est loin d’être ce qu’on a préféré dans cette ville qui a bien plus à offrir que cette curiosité.

Comme on était sous le charme de l’endroit, on a exploré la région. On est retournés faire des photos à Port-Chalmers par une journée ventée : des rafales à 140 km/h qui ont bien failli me rendre dingue ! Une balade sur une plage déserte, des orgues de pierre au-dessus de la baie, du kayak avec les otaries et lions de mer pour seule compagnie, une rencontre avec une artiste et son mari galeriste pleins de bons conseils, un dîner gastronomique… On a vécu des moments incroyables dans cette région qui m’a tant séduite. Moi qui suis toujours attirée par les paysages tourmentés, je n’aurais pas pensé tomber aussi éperdument amoureuse d’un lieu si apaisant avec ses collines qui surplombent la mer, du vert et du bleu à perte de vue.

La dernière – et unique – fois qu’un lieu m’a fait cet effet-là, c’étaient les étangs de Bassiès. J’avais 7 ans, j’ai cru que mon cœur allait s’arrêter tellement c’était beau. 25 ans après, c’est toujours le paysage qui m’apaise le plus, l’endroit où je me sens le mieux, j’oublie tous mes soucis dès que j’y suis. J’ai ressenti sensiblement la même chose dans cette baie aux antipodes de mes montagnes. Je ne saurais l’expliquer mais Port-Chalmers – entre ses plages sauvages, sa proximité avec une grande ville et surtout sa vue si belle – est le seul endroit où j’ai eu une furieuse envie de poser mes valises. Après avoir sérieusement prolongé notre séjour, on est repartis sans avoir vu les manchots pygmées (blue penguin) ou l’albatros royal. Je suis repartie à regret, avec un sérieux pincement au cœur qui a eu bien du mal à passer malgré les magnifiques paysages et les milles aventures qui nous attendaient encore.

Road trip NZ : Otago Peninsula

 


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