Road trip en Nouvelle-Zélande : l’achat du van

Bon, vous l’aurez remarqué, je délaisse totalement le blog en ce moment. On est passés de la louable intention d’écrire des tonnes d’articles en avance à plus de publication du tout. Bravo. Bon, il faut dire que je n’avais aucune envie d’écrire depuis mon arrivée ici, Auckland m’a ôté toute envie de faire quoi que ce soit de constructif à part fuir (mon article sur le sujet, ici). Et après, quand peu à peu la motivation est revenue, ce sont internet et l’électricité qui ont disparu. La vie est mal faite parfois… Bref. Me revoilà pour un nouvel article, en espérant que j’arriverai à publier plus régulièrement pendant les prochaines semaines. En attendant, aujourd’hui je vous parle de la première grosse étape de notre voyage ici : l’achat d’un van.

Au départ, nous avons hésité entre l’achat et la location. On dit que 3 mois, c’est la période charnière où l’achat commence à valoir le coup. On est en plein dedans au jour près, je sens que ça va vachement nous aider à choisir. Financièrement, acheter pour trois mois, c’est clairement rentable. Le problème c’est que ça prend du temps, beaucoup de temps, pour acheter comme pour revendre. Il faut compter environs 2 semaines pour chaque opération (disons 10j en étant optimiste), soit une bonne partie du voyage. En terme de temps perdu c’est donc parfaitement déraisonnable. C’est pour cette raison (et par flemme, et pour avoir une meilleure assurance) qu’on a d’abord pensé à la location. Sauf qu’après vérification, en période estivale, pour 80j, on en avait pour 7500 $ au bas mot, hors assurance – ici elle n’est pas obligatoire cela dit. Euh… comment dire ? C’était carrément hors budget (et pourtant le notre est plutôt large !).

bagages
Pour transporter toute notre vie, le van serait plus adapté que le stop

En voyant ça, on s’est donc naturellement rabattus sur l’achat d’un van aménagé. On s’est dit que de toute façon, même avec de petits travaux mécaniques, et même en le vendant au rabais au besoin, on serait toujours gagnants par rapport à la location. Nous voilà donc partis à la recherche de notre maison sur roues. Sauf qu’on n’y connaît rien en mécanique et que pour acheter même une poubelle roulante avec 350 000 km au compteur (ce qui est ici parfaitement courant, on a même vu des agences en louer qui avaient plus de 450 000 km !), il faut déjà songer à vendre un rein en ce début de période estivale. Il faut compter environ 4500€ pour un van aménagé qui a pas loin de mon âge et montre de sérieux signes de faiblesse. Il paraît que c’est 30% moins cher dans le sud. Pourquoi pas prendre un billet d’avion et aller voir ? Mais ça changerait tous nos plans de voyage. Hésitation, hésitation…

Bon, ce qu’on n’avait pas prévu, plus encore que les prix, c’est le stress occasionné par l’achat d’un van et les problèmes de priorité. C’est incroyable ce que ça peut bouffer. Du côté de monsieur, petit prix prioritaire et si possible voiture qui ne soit pas une antiquité. Du mien, un minimum d’espace pour qu’on puisse bosser tous les deux de l’intérieur en cas de pluie (réputée fréquente par ici). Sauf que les deux semblent inconciliables. Les concessions ne sont pas toujours facile lorsqu’il s’agit d’assez grosses sommes et de l’endroit où l’on va vivre pendant plusieurs semaines. Il accepte de revoir son budget à la hausse et moi mes exigences de confort à la baisse. Sauf que du coup, si c’est moins confortable, je veux que ce soit moins cher et ça ne l’est pas tellement. Voire pas du tout. Bref, on tourne en rond et on pense devenir barges sous peu. Tension maximum…

Van nouvelle-Zélande
Poubelles sur roues

On commence par voir un premier van, en état plus que moyen et mal aménagé. Même pas la peine de demander le prix, je ne me vois pas du tout passer plusieurs semaines là-dedans, déjà quelques minutes… Dans la foulée on enchaîne avec le « car fair », sorte de marché au van qui se tient le dimanche matin. Déjà on galère un peu à trouver, pas toujours simple de se promener en transports en commun par ici. Une fois là bas, il y a finalement bien plus de voitures que de vans. On trouve quand même quelques trucs. C’est souvent vieux, et cher. On voit un monospace aménagé qui nous pourrait nous mettre d’accord. Certes ce n’est pas très grand mais c’est bien conçu. Il y a un lit transformable en table + banquette, une petite cuisine dans le coffre et il est self-contained. Le self-contained, c’est l’autonomie en eau qui permet d’accéder à de nombreux campings gratuits. Pas indispensable mais pratique, les avis divergent pas mal sur son utilité mais dans le doute, on préférerait l’avoir.

La voiture est récente – 2005 et moins de 200 000 km, l’aménagement est sympa, c’est même plutôt bien décoré. Ca pourrait nous convenir. Benjamin l’essaie pendant que je regarde les autres vans, tous plus vieux et plus chers. Après l’avoir conduit un peu, il me dit qu’il pense qu’il y a un truc louche, on peut passer une sorte de contrôle technique sur place avant l’achat, on décide donc de prendre rendez-vous. Le vendeur nous dit de nous dépêcher, un autre couple est intéressé et pourrait prendre la voiture entre temps. On revient 5 min après, il l’a déjà vendue. On est dégoûtés. On continue notre petit tour la mort dans l’âme, rien ne nous plaît. Ou pas dans nos prix. Alors qu’on s’apprête à repartir, on retombe sur la même voiture, toujours à vendre, quelques mètres plus loin. Le vendeur ne voulait simplement pas qu’on passe le contrôle technique ou pensait s’enfuir avec la caution, on ne sait pas trop (les deux ?). Bref, évitez le car fair à moins d’être des as en mécanique, arnaque garantie.

Achat van NZ
Perdus dans nos recherches à Auckland…

Les recherches reprennent donc. On voit le van d’un français qui est plus proche du tank que de la camionnette. Au moins il y a de l’espace dedans mais conduire ça tous les jours, je ne sais pas trop si je vais pouvoir. Je veux juste une banquette pas un appart entier non plus. On l’essaie et on découvre par hasard que le frein à main marche mal. Un pneu se dégonfle, il le fera changer. Le lendemain, il nous appelle pour nous dire qu’il y a une fuite d’huile… Une poubelle quoi. Il la vend avec un énorme bocal d’herbe locale en prime à l’intérieur. On se demande si ça ne vaudrait pas le coup de la revendre pour payer le van et de le foutre à la casse à notre départ. On n’est pas dealers dans l’âme, on laisse tomber. Dans la foulée, on voit un van à l’auberge de jeunesse. Propre, hyper bon état. Pas self contained et ne peut pas le devenir à moins de tout réaménager. 4500€. On hésite, il est pas mal mais encore un peu cher, ce n’est pas le gros coup de cœur.

Le lendemain, on revoit encore un van de français. Moins cher que les autres, il est à 5500$ (environs 3200€). Il a pas mal de km, il n’est pas jeune mais ce n’est pas le pire qu’on ait vu. Il y a des choses qui nous semblent bizarres, notamment des traces de rouille ce qui est ici hyper surveillés au contrôle technique (WOF de son petit nom). Alors qu’on le regarde, un monsieur qui passe demande le prix et nous fait signe de loin de ne pas le prendre. On l’essaie quand même et il nous semble pas trop mal dans l’ensemble, il est grand et l’aménagement peut être facilement optimisé. En baissant un peu le prix et en faisant vérifier les points problématiques dans un garage, ça pourrait le faire. En rentrant à l’auberge, Benjamin retourne voir le monsieur qui nous avait fait signe de ne pas l’acheter et qui bosse à côté. Il nous dit qu’il est trop cher et en mauvais état, ça sent l’arnaque. Il nous conseille d’acheter un van vide et se propose de nous aider à l’aménager. On commence à hésiter sérieusement même si ça nous obligerait à rester à Auckland et à repayer plusieurs nuits d’hébergement. Gros coup de découragement.

auckland
Quand tu as tellement envie de prendre la route, que même la vue du périph’ t’émeut…

On prend une grande décision : il nous reste 2/3 vans à voir, on n’en cherchera pas d’autres. Quoi qu’il arrive on se décidera avant le week-end et on arrête de se prendre la tête là-dessus, on voyagera en stop s’il le faut. Le soir, on change d’auberge, la nôtre étant complète. On discute avec un couple de français. Ils cherchent aussi un van et nous demandent si on n’aurait pas vu celui d’un certain Séb. Justement, c’est celui qui nous fait hésiter. Le monde est décidément bien petit ! Ils nous racontent qu’en feuilletant les papiers, ils se sont rendu compte que le WOF n’était pas valide. Il a bien la vignette sur le pare-brise disant que c’est bon pour les 6 prochains mois mais sur le certificat il y a le tampon « refusé ». Il noie le poisson quand il présente les papiers en mettant d’autres factures sur le dessus de la pile et en posant beaucoup de questions qui détournent d’attention. Malin. Non franchement, comme vendeur il force le respect. N’empêche les bras m’en tombent ! C’est la course à l’arnaque dans le coin.

On choisit donc de changer nos plans et de chercher un van à aménager vu qu’il semble à peu près impossible de s’en sortir autrement. On cherche cette fois auprès de locaux, les français étant définivement de sacrés connards. On voit un grand van super bien aménagé et pas cher du tout en banlieue d’Auckland mais il s’avère pas mal abîmé. N’ayant aucune idée du montant des travaux à entreprendre, on laisse tomber. Le moral n’est pas à son meilleur. Après encore un van pas terrible et un lapin posé par un vendeur, Benjamin va voir un van non aménagé vendu par un fermier coréen qui ne semble pas parler anglais. C’est sa fille qui se charge de la transaction avec une mauvaise volonté assez évidente. Il revient emballé. On cherche un garage pour le faire vérifier dans la journée, sans succès. La fille n’est ensuite quant à elle plus disponible avant la semaine suivante et il nous le faut avant le week-end pour l’aménagement.

Toyota Hiace 1997
Notre van « coup de poker »

On ne sait pas trop quoi faire. Le prendre sans le faire vérifier, ça craint un peu. Attendre, ça craint encore plus. Il est à 3500$ (2000€), 1997, 275 000 km, ce n’est pas l’affaire du siècle mais c’est de loin le moins cher qu’on ait vu et les prix ne vont pas aller en baissant avec l’arrivée de l’été. Finalement je propose de l’acheter, en laissant simplement une caution en attendant de pouvoir faire un virement depuis mon compte néo-zélandais (je n’ai pas encore pu mettre d’argent dessus). Si tout se passe bien, on fait le virement comme prévu, s’il y a un problème, on lui ramène son épave. Au pire on aura perdu la caution. Retour à la ferme donc pour le récupérer. Pour 200$ elle remplit sa partie du changement de carte grise (Rego) et nous tend les clefs. On a l’impression d’être un train de faire un truc très con et en même temps on est super fiers. Nous voilà propriétaires sans avoir rien payé ou presque ! Ce pays a vraiment un mode de fonctionnement très différent du nôtre. La confiance avant tout. Espérons maintenant que le contrôle se passera bien. Affaire à suivre…


3 réflexions sur “Road trip en Nouvelle-Zélande : l’achat du van

  1. Salut, salut !
    Cette épopée me rappelle exactement ce qu’on est en train de vivre !! La confiance.. difficile de s’y fier, après de nombreuses désillusions et probablement une caution de perdue car le mec a qui ont a fait un deposit a un faux wof sur le pare-brise je ne comprend que trop bien votre situation!! J’espère que vous avez trouvé la perle rare et qu’il n’y aura pas d’arnaque a la clé ( a ce sujet je déconseille d’acheter a un français basé à Auckland qui trafique les wof avec son copain garagiste… beaucoup de plaintes sur fb) Moi qui croyait en la sincérité des neo-zelandais le 1er contact est décevant, mais.bon comme tu dis je pense que cette partie du voyage est clairement la plus chiante et stressante pour ma part!! Bon trip quand même et merci pour cet article qui ( malheureusement ) nous rassure dans le fait que c’est une véritable lutte de trouver un van digne de ce nom ! Bon voyage à vous !!

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